Du plomb dans l’aile…

Du plomb dans l’aile…

Lors de mon dernier voyage dans le sud, à Boucherville, j’ai assisté au Symposium sur les eaux usées et Atelier sur l’Eau potable.  Plusieurs sujets m’ont marqué lors des conférences.  Notamment, le plomb.  On a souvent entendu parler de ce métal ces dernières années, voici quelques points intéressants au sujet du plomb :

Un problème typiquement Montréalais… FAUX!

On a tendance à croire, à tort, que le problème de plomb est exclusivement l’apanage des vieilles maisons raccordées par du plomb au réseau de la ville de  Montréal mais selon le MDDEFP, le phénomène est beaucoup plus répandu:

« Selon l’information dont le Ministère dispose, des entrées de service en plomb sont susceptibles d’avoir été installées dans la majorité des régions du Québec jusqu’en 1955, jusqu’en 1967 dans la région de Montréal et jusqu’en 1971 dans la région des Laurentides. Seules les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, des Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec seraient peu ou pas visées par cette problématique. Un rapport commandé par le Ministère en 1994 évaluait ce nombre à 100 000 dans les municipalités du Québec en excluant Montréal. »

Pourquoi s’en soucier?

Le plomb peut avoir plusieurs effets nocifs pour la santé humaine, même en faibles quantités, selon Santé Canada. La US Environnemental Protection Agency affirme aussi que ces effets sont plus particulièrement inquiétants «chez les bébés et les enfants [pour qui] l’exposition au plomb dans l’eau de consommation au-delà de la limite recommandée peut entraîner des retards de développement physique et mental en plus de causer de légers déficits de l’attention et des problèmes d’apprentissage. Chez les adultes, cela peut causer une augmentation de la pression sanguine. »

Il est donc justifié de souhaiter éliminer tout risque de contamination de l’eau au plomb.

Comment le plomb se retrouve-t-il dans l’eau?  Vulgarisons la chimie…

Bien entendu, il n’est pas volontairement introduit dans le système de distribution d’eau mais plutôt accumulé sur le trajet reliant l’usine de filtration à votre robinet. Le plomb est recueilli par lessivage des tuyaux de distribution et des systèmes de plomberie (lien vers l’étymologie du mot) des résidences qui en contiennent.

Tel que mentionné plus haut,  les tuyaux de plombs ne sont plus utilisés de nos jours mais il peut subsister des parties d’anciens réseaux ou des raccordements résidentiels et le plomb qui les compose peut se « dissoudre » et se retrouver dans votre eau potable.  Le fait que la plomberie du réseau de votre ville ne soit pas en plomb ne vous met cependant pas complètement à l’abri d’une présence de plomb dans votre eau. Il pourrait y en avoir de nombreuses sources dans la tuyauterie de votre maison elle-même : raccords, coudes, robinets…  Tous peuvent contenir du plomb et donc en libérer.  Même pour les maisons dont la tuyauterie est en cuivre, il y a lieu de vérifier la composition des soudures de raccordement.

L’eau est réputée être un solvant universel.  Cette réputation n’est pas surfaite puisque l’eau comporte un certain potentiel d’« agressivité » qui s’actualise ou non selon ses paramètres physico-chimiques et qui, à long terme, pourrait même dissoudre le métal, que ce soit du cuivre ou… du plomb.  Il est donc bon de vérifier la composition de la tuyauterie de votre maison afin d’éliminer toute possibilité de présence de plomb dans votre eau.

Qui est responsable?

Historiquement le réseau de la ville qui arrive près de votre maison peut donc se raccorder à la ligne principale de votre maison par une section de tuyau de plomb. La ligne principale de votre maison qui relie votre maison et cette section de plomb de la ville peut aussi être en plomb. Pour faire simple, la ville est responsable de sa partie qui relie son réseau à votre tuyau principal. Et vous êtes responsable de votre tuyau qui relie votre maison au raccord de la ville. Donc la ville peut corriger son bout et à vous de corriger le vôtre.

Comment se protéger?

Pour commencer, vous pouvez vérifier si votre demeure est à risque selon la municipalité et l’âge de la maison.  La seconde étape, si la présence de plomb est soupçonnée, est de procéder à une analyse de l’eau.  Il existe différentes méthodes pour le faire.  La plus commune est de laisser l’eau stagner plusieurs heures avant de prendre l’échantillon. Le laboratoire, le bureau régional du MDDEFP ou encore la Direction de la Santé Publique pourront vous aider à réaliser cet échantillonnage.

Si le résultat est positif, la méthode la plus simple est de « corriger » l’agressivité de votre eau en augmentant son pH, donc d’augmenter l’alcalinité… Il existe aussi des méthodes recommandées dans une section du site du Ministère de l’Environnement (MDDEFP) :

http://www.mddefp.gouv.qc.ca/eau/potable/plomb/index.htm

Prévenir à l’achat

Faites-vous affaire avec un plombier ou faites-vous vous-même la plomberie chez-vous?

La loi exige que le fil à souder soit sans plomb.  De nombreux magasins vendent encore du fil à souder qui contient du plomb malheureusement donc il est important de lire attentivement les étiquettes.   À titre informatif, le symbole chimique du plomb est Pb, l’étain est désigné par Sn, le Cuivre est Cu, l’argent est Ag et l’antimoine s’écrit Sb.

Le weekend dernier, je suis allé dans une quincaillerie pour voir ce qu’ils avaient en main et voici quelques photos :

fil 1

 

Ici, c’est 50% Sn (Étain) et 50 % Plomb…à éviter!

Le magasin mentionne que ce n’est pas destiné à l’eau potable.

fil 2

60% Étain et 40% Plomb… à éviter.

fil 3

 

Ici c’est du sans plomb donc, on peut l’utiliser en plomberie. L’absence de proportions en % laisse penser que le % de plomb, s’il y en a est assez réduit pour que l’affichage ne soit pas obligatoire.

fil 4

 

Sécuritaire, c’est 95% d’étain et 5% de cuivre.  Sans plomb, ni antimoine.

fil 5

 

C’est surement ce type de fil que je recommanderais.  Pas par préférence pour la marque, il existe certainement d’autres marques offrant un équivalent avec 95.6% d’étain, 4% de cuivre et 0.4% d’argent, donc pas de plomb, mais surtout la conformité avec la norme NSF61 qui nous assure que ce produit ne larguera rien de néfaste dans l’eau potable. (Cette norme est à privilégier.)

 

Sources :

Donald Ellis, Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs

Evelyne Doré, Evelyne Doré, École Polytechnique de Montréal

Jérôme Papaya

Jérôme Papaya, Chef du département commercial

Monsieur Papaya est à l’emploi de Puribec depuis plus de 15 ans. Ce Diplômé en microbiologie s’est spécialisé en eau et possède une certification de Maitre spécialiste en eau MWS-VI (Master Water Specialist, Niveau 6) de la Water Quality Association, organisme indépendant qui réunit plusieurs spécialistes et intervenants œuvrant dans le domaine du traitement de l’eau à l’échelle internationale. Monsieur Papaya est également formateur homologué et consultant pour le MDDELCCP et ainsi que pour certains projets impliquant ce Ministère.